Quels sont, selon vous, les moments forts de l’histoire politique de notre pays ?
Déterminer les temps forts ? Cela suppose de prioriser certains facteurs et de mettre en sourdine quelques autres, pourtant notre histoire politique, qui ne totalise qu’un demi-siècle, est complexe et pleine des péripéties. En utilisant comme critères les périodes où l’histoire nationale a connu un réel tournant, j’identifierais volontiers quatre temps forts, en dehors du fait de l’indépendance sur lequel je ne reviens pas. Il s’agirait des années 1964-68, 1977-1982, 1992-1998, 2002-2006.
Pouvez-vous nous dire pourquoi vous les considérez comme des « moments forts » ?
C’est long à détailler, mais en voici quelques points de repère. 1964-1968, c’est le démarrage de la première gouvernance de l’ensemble de l’espace national après les ratés de l’indépendance (mutineries, sécessions, révocations réciproques du président et son premier ministre, mise en congé des Chambres). La période où le gouvernement central, après la fin de la sécession katangaise en janvier 1963, vit sa première expérience de gestion du pays en tant que totalité. C’est aussi la période de l’élaboration de la première Constitution de la République qui soit l’œuvre des Congolais eux-mêmes (Constitution de Luluabourg du 1er août 1964) ; Constitution qui sera revue pour devenir celle du 24 juin 1967 dite « de la IIe République ». C’est aussi la période de l’organisation des premières élections pluralistes post- indépendance en 1965. Certes, c’est aussi la grande période de la rébellion muléliste. Mais en novembre 1965, Ernesto Che Guevara quittera le maquis congolais dégoûté. Un peu plus tard, en 1967, Laurent-Désiré Kabila fera l’autocritique de la rébellion, avant de fonder son propre parti politique, le PRP, le Parti de la Révolution Populaire, pour poursuivre le combat autrement.







