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FRIDOLIN AMBONGO BESUNGU, Nouveau CardinalAprès Malula, Etsu et Monsengwo, Fridolin AMBONGO est le 4ème Archevêque métropolitain de Kinshasa à être élevé à la dignité cardinalice. Pleinement conscient de l’importance de cette responsabilité qui l’enjoint de défendre les valeurs de l’Eglise universelle, de l’Evangile ainsi que des plus démunis jusqu’au sacrifice suprême, il affirme être déterminé à œuvrer en vue de la réconciliation des congolais. Convié à se prononcer sur des sujets brûlants d’actualité, le nouveau Cardinal a accepté volontiers de répondre à nos questions…Grandes entrevues22 août 2020
Alain Kaninda : L’honorabilité des acteurs est un critère majeurDepuis 2015, la République démocratique du Congo a procédé à la libéralisation du secteur des assurances. A fin octobre, le marché local a enregistré l’arrivée de 4 nouvelles sociétés d’assurances, de l’opérateur historique, la SONAS, contraint de s’adapter au nouveau contexte et de 4 sociétés de courtage. Dans un entretien accordé à Opt1mum magazine, le directeur général de l’Autorité de régulation et contrôle des assurances (ARCA), Alain Kaninda, fait le point sur cette importante réforme et les effets attendus tant dans l’immédiat qu’à plus long terme. L’ARCA table sur des niveaux prévisionnels de 1 à 5 milliards de dollars américains US au cours des prochaines années. Opt1mum : Il y a eu plusieurs grandes étapes dans la libéralisation du secteur des assurances en République démocratique du Congo. Le cadre juridique et institutionnel est-il totalement établi ? Alain Kaninda : En y allant par ordre chronologique, je parlerai d’abord de la promulgation de la Loi 15/005 du 17 mars 2015 portant Code des assurances, qui est à la fois un aboutissement et un déclencheur. En effet, il a fixé les nouvelles règles du jeu. Ensuite, il y a le Décret 16/001 du 26 Janvier 2016 qui a institué l’ARCA, le pilote de cette réforme et l’arbitre du marché. Cette réforme a mis fin à 53 ans de monopole. Le reste des grandes étapes franchies est davantage d’ordre opérationnel. Je peux citer par exemple la mise en place de l’institution et la mobilisation et la formation de ses ressources humaines. Il faut des interlocuteurs de qualité pour les opérateurs potentiels. L’autre grand travail est d’ordre réglementaire, et le tout a conduit à un aboutissement, dont l’octroi des 4 premiers agréments et 2 premières autorisations annoncées le 28 Mars 2019. Cet aboutissement est un déclencheur, car le marché véritablement libéralisé devient une réalité dans le pays. En chiffres, le marché congolais des assurances compte à fin octobre 2019 : 4 nouvelles sociétés d’assurances, un opérateur public, en l’occurrence la SONAS, contrainte d’entrer dans un processus de mise en conformité, et 4 sociétés de courtage d’assurance. Toutefois, le nombre d’acteurs devrait augmenter d’ici la fin 2019. Entretemps, le cadre juridique et institutionnel est loin d’être totalement établi. L’ARCA a initié plus d’une vingtaine de décrets, arrêtés et règlements pour développer les éléments d’accompagnement. Nous sommes les principaux animateurs du marché des assurances, et l’évolution du Code tient de notre responsabilité. Le chantier de la micro Assurance par exemple n’est encore qu’à ses débuts. O : Qu’est-ce qui va changer concrètement dans les habitudes quotidiennes des Congolais et le fonctionnement normal des entreprises ?  A.K. : Cette question me permet de clarifier davantage les objectifs de la loi et de la réforme. Dans notre travail, nous poursuivons principalement 2 indicateurs. Il s’agit, d’une part, de donner des moyens financiers importants au pays pour son développement économique et, d’autre part, d’apporter une protection sociale au niveau des populations. En se référant justement à ces 2 volets, nous avons déjà un début de réponse à votre question. En effet, au niveau de la mobilisation des moyens financiers, le secteur des assurances va apporter une épargne solide au pays. On pourra mettre des moyens financiers nécessaires à la disposition du pays pour financer l’économie nationale et les entreprises. Au-delà, les investisseurs ont la possibilité de mettre sur pied des projets rentables. Nous allons travailler directement avec les banques parce que les ressources sont à la disposition des institutions bancaires. Elles pourront ainsi faire des crédits à plus long terme et à des taux beaucoup plus accessibles. Cette situation va impacter positivement. A l’instar des entrepreneurs d’autres pays, nos entrepreneurs pourront également avoir un accès direct au financement de leurs entreprises. Pour l’État, pris de manière globale, il peut disposer des moyens substantiels et supplémentaires pour financer le développement du pays par le biais des projets d’infrastructures et de construction. Pour le volet de la population, et c’est une priorité dans notre travail, nous travaillons au développement des assurances inclusives. En d’autres termes, il s’agit des produits adaptés aux populations qui ont des bas revenus. La finalité de la protection sociale est d’avoir des couvertures sociales ou d’accéder à des assurances maladies. Si vous ne sortez pas de l’argent pour vous soigner, il sera possible d’utiliser les cartes qui vous permettent, en tant qu’assurés, d’accéder aux soins à des prix plus adaptés. Même dans les aspects de micro-assurance, les mamans qui ont accès à des micro-crédits et des micro-assurances pourront y accéder à des meilleures conditions. Elles auront accès à des couvertures qui donnent plus de confort aux opérateurs et institutions financières. Prenant le secteur de l’agriculture, il n’est pas financé du tout ou presque pas par les institutions financières. Le secteur comporte beaucoup de risques. Quand vous parlez d’assurance, vous parlez également de risques. Il y a ainsi la possibilité de développer des produits d’assurance pour accompagner les programmes de développement économique. Le secteur occupe une place stratégique dans le pays, même le Chef de l’Etat n’a pas manqué une occasion pour l’affirmer. Le secteur des assurances va aider le pays à diversifier son économie. Il va également accompagner la couverture des risques et permettre plus d’investissements.   LIRE SUITE      KIOSQUEGrandes entrevues22 août 2020
Pépin-Guillaume Manjolo : Nous allons renforcer la coopération régionalePépin-Guillaume Manjolo Buakila est le ministre de la Coopération internationale, intégration régionale et francophonie du Gouvernement Ilunga Ilunkamba. Par le passé, il a occupé de multiples fonctions au sein du ministère des Affaires étrangères dans le gouvernement Tshibanda. Au cours d’un entretien sans tabous avec Opt1mum magazine, il livre sa vision des enjeux et défis de son méga-ministère. Opt1mum : Excellence, quelles sont vos priorités dans ce ministère stratégique pour notre pays ? Excellence Pépin-Guillaume Mandjolo Bwakila : Il y a des réformes structurelles de grande envergure. Je me permets même de vous en livrer la primeur : (1) la création des antennes de coopération près les missions diplomatiques de la République Démocratique du Congo, (2) le déploiement des fonctionnaires sur toute l’étendue du territoire national à l’instar d’autres services de l’État, (3) la construction du bâtiment du Ministère avant la fin du mandat, (4) l’autonomie financière du Ministère à travers les prélèvements ad hoc à l’aune de la Contribution communautaire pour l’intégration (CCI), (5) la révision et l’actualisation de tous les cadres de coopération et (6) le Forum annuel sur les Etats Généraux de la coopération. O : La RDC est au cœur de plusieurs enjeux et fait l’objet de convoitise à cause de ses potentiels dans tous les domaines. Comment la coopération internationale peut-elle constituer un paravent contre les menaces diverses et surtout un levier de développement ? E.P.M.B. : Sous l’impulsion diplomatique du Président de la République, nous allons renforcer la coopération régionale, selon une cartographie susceptible de garantir nos intérêts. Il faut assurer une participation forte et efficiente de notre pays dans la stratégie d’intégration et dans les zones de libre-échange. Ensuite, en synergie avec les provinces, je compte organiser un forum qui réunirait toutes les parties prenantes de la partie Est, notamment les gouverneurs des provinces limitrophes de l’EAC, les opérateurs économiques et les diplomates congolais dont les juridictions couvrent les États membres de l’EAC. Enfin, nous allons solliciter des partenaires comme les États-Unis d’Amérique pour la mise en œuvre effective du « DODD &FRANCK ACT » dont un paramètre porte singulièrement sur la traçabilité de matières premières en plus d’une vraie opérationnalisation des mécanismes de la CIGRL. O : Notre pays est entouré par neuf voisins qui ne sont pas tous dans une dynamique pacifique avec la RDC. Quelle est votre stratégie pour maintenir un climat de paix dans la sous-région ? E.P.M.B. : Pour maintenir un climat de paix dans nos différentes zones, notre stratégie se situe à 3 niveaux. Nous devons œuvrer sans relâche sur l’application stricte de la Loi DODD-FRANCK qui permet de rompre le lien consubstantiel entre le commerce des minerais de sang et le financement des rebellions protéiformes. Le retour de la paix passe par la mise en place d’un plan dynamique de diplomatie agissante avec certains pays frontaliers, dans le respect de notre souveraineté. Ce qui permet de mettre en conjonction les intérêts de certaines puissances et les aspirations profondes du peuple congolais. Enfin, sur le plan sécuritaire, notre stratégie consiste à appuyer le dispositif de sécurité en renforçant nos services de sécurité et en amont, l’anticipation suppose une task-force de veille stratégique, c’est-à-dire la réunion des experts dans chaque domaine pour une meilleure vision géostratégique. LIRE SUITE KIOSQUEGrandes entrevues20 août 2020
Aminata Traoré, la passionaria africaineL’intellectuelle malienne Aminata Traore est l’une des rares personnalités politiques africaines à s’être opposée à l’intervention militaire de la France au Mali. Écrivaine et militante, elle a été ministre de la Culture et du Tourisme du Mali de 1997 à 2000 sous la présidence d’Alpha oumar Konare. Portrait d’une femme engagée. Pour que le Mali retrouve son équilibre, il ne faut pas faire la guerre au Djihad mais la guerre au chômage et à la misère C’est au sein d’une famille malienne modeste, composée de douze enfants, qu’Aminata Traoré voit le jour en 1947 à Bamako. Après des études au Mali, elle poursuit des études universitaires à Caen en France. Elle y décroche un doctorat de 3ème cycle en psychologie sociale et un diplôme de psychopathologie. Elle devient ensuite chercheuse en sciences sociales et enseigne à l’Institut d’ethnosociologie de l’université d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Aminata Traoré a occupé plusieurs postes à responsabilités : directrice des études et des programmes au ministère de la Condition féminine de Côte-d’Ivoire de 1979 à 1988, directrice du PROWWESS-Afrique, un programme régional du PNUD sur l’eau et l’assainissement, de 1988 à 1992. Elle a également travaillé pour plusieurs organisations régionales et internationales. En 1997, l’ancien président malien Alpha Oumar Konaré fait appel à elle pour occuper le poste de ministre de la Culture et du tourisme. Elle exercera cette fonction pendant trois ans. Aminata Traoré démissionne de son poste en 2000 « pour ne plus être tenue à son devoir de réserve. » Haro sur les donneurs de leçons Militante altermondialiste, Aminata Traoré dénonce les travers du libéralisme, responsable selon elle du maintien de la pauvreté en Afrique. Pour cette intellectuelle, « les plans et programmes des banquiers internationaux et des grandes puissances du Nord » imposés aux pays africains conduisent à la pauvreté des populations et engendrent les phénomènes de violence ainsi que l’émigration vers l’Europe d’une grande partie d’une jeunesse africaine désabusée. Opposée à ce qu’elle qualifie de néocolonialisme, Aminata Traoré estime notamment que ce que l’on reproche au président Zimbabwéen Robert Mugabé dans la gestion de son pays serait dû en grande partie à la politique menée par l’ancienne puissance coloniale, le Royaume Uni, et au non-respect de ses engagements. Pour la militante malienne, les pays occidentaux pour que le mali retrouve son équilibre, il ne faut pas faire la guerre au djihad mais la guerre au chômage et à la misère « donneurs de leçons » ont leurs propres manquements notamment la guerre contre l’Irak, la crise économique et la politique migratoire. En 2012, alors que la quasi-totalité des personnalités politiques maliennes soutiennent l’action de la France au Mali, sa voix discordante tombe comme un cheveu dans la soupe. « Les extrêmismes religieux se nourrissent, au Mali comme ailleurs, de la misère humaine. Il ne suffit pas de donner des armes et de l’argent au pays pour le faire sortir de la crise. Pour que le Mali retrouve son équilibre, il ne faut pas faire la guerre au Djihad mais la guerre au chômage et à la misère », déclare-elle. L’ancienne ministre malienne s’était également opposée à l’ « ingérence humiliante » de la France dans la dernière élection présidentielle au Mali. Une parole qui dérange La Parole d’Aminata Traoré dérange, selon elle. La militante malienne estime que si les Européens n’ont jamais fait appel à ses services pour envisager l’avenir politique du Mali, « c’est parce qu’ils ont préféré s’entourer de béni-oui-oui ». Ainsi, alors qu’elle devait se rendre en Allemagne et en France en avril 2013, à l’occasion d’une réunion sur le prolongement de l’opération française au Mali, le consulat de France ne lui a pas octroyé un visa alors qu’elle a obtenu le visa allemand. L’affaire a fait réagir les associations altermondialistes qui ont pris fait et cause pour l’intellectuelle africaine. « Mes mots sont mes armes à moi. Je n’ai pas besoin de venir en France pour mener mon combat », a réagi Aminata Traoreé. Ce combat, Aminata Traoré le mène également à travers les différents ouvrages qu’elle publie. « L’Afrique dans un monde sans frontières » (Actes Sud 1999) ; « Le Viol de l’imaginaire » (Actes-Sud/Fayard, 2001) ; « Lettre au Président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général » (Fayard, 2005) ; « L’Afrique humiliée » sont quelques-uns de ces ouvragesInspirationnel17 juin 2020
Comment réussir avec 25 dollars en poche«Yes we can». Ce principe cher au président américain Obama résume l’aventure de Pablo Mbangu et Yose Bila, deux jeunes entrepreneurs congolais, passe?s maîtres dans le redressement des entreprises en République démocratique du Congo, après des études brillantes aux Etats-Unis. Aux commandes de TBM groupe (Tshikut Binen Mbangu), ils gèrent un effectif de 200 personnes. Pablo MBANGU et Yose BILA Tout prédestinait Pablo Mbangu et Yose Bila, deux jeunes hommes de 36 ans, a un jour évoluer dans une même entreprise. Dès leur enfance, les deux élevés ont fréquenté le complexe scolaire ‘‘Loupiots’’ et se sont se retrouves aux Etats-Unis ou chacun est allé enrichir ses connaissances dans les universités américaines. Si, à Kinshasa, leurs relations étaient timides, le pays de l’Oncle Sam va leur offrir l’opportunité de mieux se connaitre. Soumis aux péripéties de la vie estudiantine, ils décident de cohabiter dans un home d’étudiants pour minimiser les frais. Au terme de leurs études, ils décident tous deux de retourner au pays alors que leurs proches les supplient de fuir la misère en restant aux Etats-Unis. RETOUR AU CONGO AVEC JUSTE 50 DOLLARS EN POCHE Fort de leur patriotisme, confiants en un avenir meilleur, les deux jeunes diplômes s’embarquent en décembre 2004 dans l’avion qui les ramène au Congo avec, comme seule ressource, un billet de 50 dollars US en poche. « On s’est juste partage 25 dollars une fois à Kinshasa, se rappelle Yose Bila. Nous avons regagné nos familles les mains vides, songeant juste à nous procurer une sim pour nous permettre de communiquer grâce aux portables que nous avions emmenés des Etats-Unis ». Les deux compères ne se croisent pas les bras. Surs de leur formation, ils tiennent à tâter du terrain. Ingénieur des mines, diplômé de la Colorado school of mines (1999-2003), la prestigieuse université spécialisée dans le domaine des mines, Pablo Mbangu caresse le rêve de gérer des carrières riches en minerais. Son alter ego, l’économiste Yose Bila, diplôme en gestion des entreprises de la Wichta states University (1998-2003) à Kansas, rêve-lui de se lancer dans les affaires. LEADERS DANS LA DISTRIBUTION DES CELLULAIRES Les deux diplômes seront d’abord consultants. Ils ouvrent un petit bureau de consulting au centre-ville ou ils se proposent de redresser les entreprises croulantes. Le premier marché tombe entre leurs mains : le centre médical du père de Yose Bila. Grace aux conseils des consultants, le bâtiment qui abrite le centre est repeint, de l’ordre est remis dans la gestion, … a la grande satisfaction des administrateurs. Toutes les entreprises que nous gérons comprennent environ 200 personnes. Et nous sommes fiers de voir des grandes entreprises comme Vodacom, Airtel, Tigo… recourir aux agents que nous avons formes a AFRICEL En 2006, le duo est sollicité pour monter l’entreprise AFRICEL, spécialisée dans la distribution des cellulaires. Le projet décolle avec une cinquantaine d’agents, mais pas pour longtemps. En 2008, AFRICEL ferme ses portes. Le duo redémarre avec une autre entreprise : CELCOM Sprl. Avec à peine 25 agents, ces gestionnaires deviennent leaders dans la distribution des cellulaires. Ils traitent avec de grandes firmes internationales qu’ils emmènent pour la première fois au Congo : Motorola, Nokia, Samsung… passent à tour de rôle entre leurs mains. Mais en 2009, l’aventure s’arrête. LANCEMENT DE TBM GROUPE Après un moment de réaménagement, Pablo Mbangu et Yose Bila lancent leur propre entreprise. TBM voit ainsi le jour en 2010. « On s’est par la suite décide à créer TBM groupe ou chacun de nous aura une société dont l’associe sera adjoint, explique Yose Bila. C’est dans ce cadre qu’au-delà de TBM consulting, nous nous sommes lances depuis une année environ dans la distribution de l’eau minérale au Katanga et dans la distribution des produits BINATON, une marque d’appareils électroménagers anglais ». Désormais autonomes, ils volent de leurs propres ailes sans subir le diktat des partenaires qui ne comprenaient pas toujours leur vision des affaires. En trois ans, raconte Pablo Mbangu, nous avons été contactes par une centaine de clients qui ne comprenaient rien dans le nouveau Code minier. TBM consulting s’est mis alors à conseiller et assister des entrepreneurs congolais qui venaient d’acquérir des propriétés minières au Katanga.Start-up17 juin 2020