Pas de répit dans la protection de l’épargne populaire

18_decrypt_epargne

L’année 2016 s’est terminée avec deux banques et une coopérative placées sous la tutelle administrative de la Banque centrale du Congo (BCC). L’autorité monétaire a durci les modalités d’agrément des coopératives et augmenté le capital minimum imposé aux institutions de microfinance. Par ailleurs, la révision de la loi bancaire et de la loi organique de la BCC renforce le dispositif juridique en vigueur et les prérogatives de l’autorité monétaire en matière de surveillance du secteur financier, révèle le directeur général chargé de la Politique monétaire et des changes, Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, au cours d’un entretien exclusif accordé à Opt1mum Magazine.

La RDC a terminé l’année 2016 avec un marché des changes en surchauffe et une pression inflationniste persistante. Est-ce que la BCC compte apporter un changement à son dispositif de politique monétaire pour faire face à la volatilité du cadre macroéconomique ?

La politique monétaire est une politique macroéconomique et, par essence, conjoncturelle. De ce fait, ses instruments peuvent être modifiés en fonction de l’évolution de la conjoncture économique tant intérieure qu’extérieure. Ainsi, je tiens à rappeler à l’opinion que depuis le début de ce choc observé sur le marché des changes et sur celui des biens et services, la Banque centrale n’a ménagé aucun effort pour apporter des réponses appropriées. Les réponses de la Banque centrale ont consisté soit en interventions directes sur le marché des changes, soit en modification du régime d’utilisation des instruments de la politique monétaire. En ce qui concerne les apports en devises sur le marché, il convient de noter que depuis le mois de février de l’année 2016, la Banque centrale a injecté au total 268,25 millions de dollars USD sur le marché des changes en vue de ralentir le rythme de dépréciation de la monnaie nationale. Quant aux instruments de la politique monétaire, je tiens à préciser qu’ils ont tous été essentiellement actionnés dans le sens de retrait de la liquidité à la base ou susceptible d’entretenir les pressions tant sur le cours de change que sur le niveau général des prix. À cet effet, le taux directeur est passé de 2,0 % en début de l’année 2016 à 7,0 % à la fin de l’année. Le coefficient de la réserve obligatoire en monnaie étrangère est passé de 8,0 % à 13,0 % et de 7,0 % à 12,0 %, respectivement pour les dépôts à vue et à terme, tandis que tous les dépôts de l’État sont stérilisés à 100,0 %. Il est important de souligner que n’eussent été ces interventions de la Banque centrale, le taux de change franchirait déjà le cap de 1.600,0 francs congolais pour 1 dollar américain, tandis que le taux d’inflation dépasserait le niveau réalisé à fin décembre 2016. Ainsi donc, j’estime qu’un dispositif de la politique monétaire est toujours appelé à être modifié et la Banque centrale du Congo examine régulièrement les aménagements à apporter à son cadre de politique monétaire. Toutefois, la question de la dépréciation actuelle de la monnaie nationale ne peut être résolue durablement qu’au travers d’une part, la conjonction des politiques monétaire et budgétaire visant à restaurer la stabilité perturbée et d’autre part, les politiques sectorielles qui visent à accroître l’offre globale via notamment la diversification de l’économie.

Laisser un commentaire

*