Faut-il intégrer l’éducation financière dans les programmes scolaires ?

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En RDC, le taux de bancarisation est évalué à environ 8 % de la population, il est l’un des plus faibles de la région, ce qui constitue une réalité préoccupante pour plus d’un observateur, surtout après le fulgurant développement numérique des banques dans le pays. Il ya dès lors un débat autour de l’offre bancaire jugée trop classique et peu adaptée aux réalités économiques du pays, doublée de la faible connaissance des produits et concepts financiers par les consommateurs, tenues pour des contraintes majeures. Deux experts, Emile Muadimanga et Bienvenu Tsaya, donnent leur avis sur la question et identifient des pistes de solutions possibles pouvant conduire à une meilleure inclusion bancaire de la majeure partie de la population congolaise.
Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Emile Muadimanga : Je m’appelle Emile Muadimanga Ilunga, je suis consultant en banking, finance et management. Ancien cadre de direction d’une des banques commerciales de la RDC, je détiens un master en business administration et je suis chercheur à l’Institut pour la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique de l’Université de Kinshasa. J’assume les fonctions de secrétaire de rédaction à la revue africaine pour la démocratie et la gouvernance, une revue bilingue internationale dans laquelle je publie régulièrement des articles scientifiques ayant trait à ma spécialité. Je suis chargé des cours à l’Université Notre Dame du Kasaï située à Kananga où je dispense des enseignements sur le management bancaire, la microfinance et les théories générales de management. Je suis aussi doctorant de mon état et businessman du secteur du froid industriel. Je préside deux associations sans but lucratif.

Bienvenu Tsaya : Mon nom est Bienvenu Tsaya Bunga, je suis économiste de formation, agent de banque depuis bientôt 10 ans. J’ai aussi œuvré pendant cinq ans comme agent de développement avec un accent sur la microfinance et l’encadrement des PME/I.

En dépit d’un nombre élevé des banques, le taux de bancarisation reste très faible, à peine 8 %. Selon vous, qu’est-ce qui explique un tel paradoxe ?

E.M. : Permettez-moi de tempérer votre propos quant au nombre élevé des banques et de relativiser un paradoxe consécutif mais de confirmer une situation logique de sous bancarisation.
Il sied de considérer la bancarisation comme la pénétration ou la distribution des services financiers spécifiquement bancaires par les structures habilitées à la population. En termes rigoureux la bancarisation se mesure par la part des clients détenteurs des comptes et/ou desservis en services financiers supérieure à 50% de la population totale résidente active, la couverture optimale de l’espace concerné en pourvoyeurs des services y relatifs, la contribution du secteur à l’économie nationale à plus de la moitié du produit intérieur brut et son impact visible sur la finance internationale. À propos du nombre de ces établissements bancaires, le répertoire mis à jour des banques opérationnelles établi par la Banque centrale à la fin de 2016 signale 18 institutions ayant plusieurs points d’exploitation au pays. Que représente ce nombre par rapport aux 26 provinces du pays ? Une moyenne brute de moins d’une banque par province !

Quant à l’indicateur « compte de la clientèle, un portail des relations entre banque et clients », les dernières données de l’Institut d’émission confirmées par l’ancien président de l’Association congolaise des banques, M. Michel Losembe, dans sa lettre de démission du 23 avril 2016 avancent plus de cinq millions de comptes. Si la population globale évaluée à 80 millions peut être ramenée à 65 millions de la population résidente active, en droit d’accéder au compte, le taux brut de bancarisation atteint alors 8%. Bien qu’en progression par rapport à celui de 1.7%, fruit de mes recherches sur base des données de 2011, il révèle que sur 100personnes adultes, 8 ont accès aux services bancaires. Ce sont des statistiques faméliques que le nombre réduit des établissements bancaires étaye encore que la détention du compte ne donne point droit automatiquement à tous les produits bancaires. Cette mise au point décrit suffisamment la sous bancarisation.

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