Il y a espoir que la conjoncture interne redevienne favorable

18_gdes_entrevues_poster_bcc

Scrutant l’horizon économique et financier de la République Démocratique du Congo, le Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Déogratias Mutombo Mwana Nyembo, exprime un certain optimisme. Certes, reconnaît-il, le pays traverse une période difficile : ralentissement de la croissance, hausse de l’inflation, déficit croissant des opérations financières de l’État… Une situation qui aurait été plus désastreuse sans les interventions de la BCC, confie-t-il. Cependant, la récente évolution des cours mondiaux des matières premières laisse présager une amélioration. Déogratias Mutombo aborde les questions brûlantes de son secteur dans une entrevue exclusive accordée à Opt1mum Magazine.

Quelle est votre analyse de la situation économique et de l’évolution des principaux paramètres macroéconomiques de la RDC en 2016 ?

À l’instar de toutes les économies africaines exportatrices des matières premières, l’économie congolaise a été frappée de plein fouet par la chute des cours des produits de base, laquelle a mis à mal son cadre macroéconomique. En effet, la croissance économique s’est ralentie de 4,4 points, s’établissant à 2,5 % en 2016, venant de 6,9 % en 2015. Le taux d’inflation est passé de 0,85 % en 2015 à 11,24 % en 2016. Pour ce qui est des finances publiques, les opérations financières de l’État se sont soldées par un déficit de 503,9 milliards de CDF contre un niveau de 259,3 milliards en 2015, soit une détérioration de 94,3 %. Quant au secteur extérieur, après plusieurs années de stabilité, le taux de change interbancaire et parallèle ont dégagé, d’une année à l’autre, des dépréciations respectives de 23,7 et 25,8 %. Dans ce cadre, il convient de signaler que la situation aurait été plus désastreuse n’eussent été les interventions de la Banque centrale par cession de devises aux banques commerciales. Concernant le secteur monétaire, les injections de liquidité réalisées par les déficits publics ont entraîné une augmentation de l’offre de monnaie au-delà de l’objectif programmé et ce, en dépit de toutes les mesures prises par la Banque centrale. Ainsi, la crise de la chute des produits de base a fortement secoué le cadre macroéconomique de notre pays durant l’année 2016.

Quelles sont les grandes orientations de votre politique monétaire au cours de cette période ?

Face à la situation conjoncturelle difficile que le pays a traversée en 2016, la Banque centrale s’est vue obligée de durcir sa politique monétaire. Pour ce faire, elle a actionné aussi bien ses instruments de politique monétaire que de change en vue d’atténuer tant soit peu les pressions observées sur le marché des changes et sur celui des prix intérieurs. Les actions de la Banque centrale ont consisté en des opérations de vente des devises aux banques commerciales en vue d’améliorer l’offre intérieure de devises.

Laisser un commentaire

*