Conserver et exploiter de manière durable, c’est possible

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En poste en RDC depuis bientôt quatre ans en qualité de Chef de Bureau et Représentant de l’UNESCO, Abdourahamane Diallo a accordé un entretien exclusif à Opt1mum Magazine où il aborde plusieurs sujets, à commencer par la notion de patrimoine mondial, dont il explique la quintessence. Il a été aussi question de conservation, notamment avec cette matière sujette à discussion, autour de la possibilité d’exploitation du pétrole dans le Parc des Virunga. Pour ce point précis, il a jugé opportun de souligner que conserver n’exclut pas le développement et la satisfaction des besoins de la population. De réaffirmer avec énergie que le développement durable peut aussi aller de pair avec la conservation et la protection du patrimoine.

Pourriez- vous vous présenter brièvement à nos lecteurs ?
Je suis Abdourahamane Diallo, Chef de Bureau et Représentant de l’UNESCO en République Démocratique du Congo.

Quelle compréhension devrait-on avoir du patrimoine mondial de l’UNESCO ?

L’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) encourage l’identification, la protection et la préservation du patrimoine culturel et naturel à travers le monde, considéré comme ayant une valeur exceptionnelle pour l’humanité. Cela fait l’objet d’un traité international intitulé « Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel », adopté par l’UNESCO en 1972. L’UNESCO assure le secrétariat de cette convention.
Les patrimoines culturel et naturel sont deux sources irremplaçables de vie et d’inspiration. Nous noterons, par exemple, les cinq sites naturels de la RDC : les parcs nationaux de Virunga, Garamba, Kahuzi Biega, Salonga et la Réserve de faune à Okapis ; ainsi que d’autres sites culturels repartis à travers le monde comme les pyramides d’Egypte, le Colisée de Rome, le Taj Mahal (Inde), Tombouctou (Mali) etc.
Ce qui rend exceptionnel le concept de patrimoine mondial est son application universelle. Les sites du patrimoine mondial appartiennent à tous les peuples du monde, sans tenir compte du territoire sur lequel ils sont situés. Il y a actuellement 1 052 sites inscrits au patrimoine mondial (814 sites culturels, 203 sites naturels et 35 sites mixtes).

Depuis mars 2014, le Directeur Général de l’Institut national des arts, le professeur Yoka et la représentante de la Délégation Wallonie–Bruxelles, madame Kathryn Brahy, ont engagé la RDC dans un plaidoyer pour l’inscription de la Rumba congolaise au patrimoine mondial de l’Unesco. Comment cette requête a-t-elle été reçue ?

Je souhaiterais premièrement faire avec vous une mise au point par rapport aux différentes listes du patrimoine, relatives aux deux conventions de l’UNESCO : la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, adoptée par l’UNESCO en 1972, et la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, adopté par l’UNESCO en 2003. Dans le premier cas, l’inscription se fait sur la Liste du Patrimoine Mondial, tandis que pour le second, l’inscription se fait sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. C’est cette dernière qui intéresserait la RDC en ce qui concerne la Rumba.

Pour répondre brièvement à votre préoccupation, je me dois également de rappeler que la candidature n’a pas encore été soumise à ce sujet. Tout ce qui a été fait jusque-là peut être considéré comme une manifestation d’intérêt, et cela de façon informelle. L’INA et la Délégation Wallonie–Bruxelles font partie des partenaires qui promeuvent la culture en RDC, et plus spécialement la Rumba congolaise. Cependant, la seule entité habilitée à soumettre une requête d’inscription est le gouvernement congolais. Des démarches ont été effectivement entreprises depuis trois ans par les experts des deux Congo (RDC et Congo-Brazzaville) pour arriver à soumettre une candidature commune. C’est lorsque le dossier de candidature sera élaboré et formellement soumis par le gouvernement congolais suivant la procédure établie, que le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (l’un des organes de la convention), dont le secrétariat est assuré par l’UNESCO, donnera son avis. À l’heure actuelle, la démarche préliminaire a déjà été entamée par les deux gouvernements.

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